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- Extrait d'un mémoire du Duc de La Rochefoucauld -
"La conservation des deux Ecoles
d'Arts & Métiers aujourd'hui existantes & même
la création successive de plusieurs autres, peuvent, si
je ne m'abuse être placée au rang des plus grands
bienfaits que le Roi puisse répandre sur son royaume, et
ce bienfait peut-être considéré sous plusieurs
rapports. Sous celui du perfectionnement de l'industrie, il est
évident sans doute ; Il s'est formé & il se
forme tous les jours d'excellents ouvriers, des artistes habiles
sans le secours de l'Ecole des arts. Mais ces excellents ouvriers
élevés dans les ateliers des meilleurs maîtres,
se trouvent seulement dans la capitale & dans quelques grandes
villes, encore le plus grand nombre manque-t-il d'une instruction
théorique appropriée à leurs travaux &
qui doublerait pour eux & pour le pays, l'utilité de
leur dextérité. La direction que prennent aujourd'hui
les esprits en Europe vers le perfectionnement de l'industrie,
peut frapper les observateurs les moins attentifs. Chaque peuple
ne veut recevoir que le moins possible des produits industriels
des autres peuples, en conservant le désir de leur verser
des siens. Pour y parvenir, il faut faire à meilleur marché
& mieux (
). Voilà ce qu'apprend l'étude
de la géométrie, de la mécanique & du
dessin ; voilà l'instruction qui distingue l'ouvrier qui
l'a reçu, de l'ouvrier borné seulement à
un apprentissage manuel & de la routine. Voilà l'instruction
qui donnée à l'Ecole, peut & doit promptement
répandre sur toute sur la surface de la France des ouvriers
qui rivalisant avec avantage avec les meilleurs ouvriers étrangers,
formant une pépinière de contre-maîtres, de
directeurs de manufactures instruits, dont la France sent aujourd'hui
fortement le besoin. Mais d'autres considérations d'un
ordre supérieur, appuient fortement celles du perfectionnement
de l'industrie pour l'existence & la multiplicité des
Ecoles d'arts.
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